Ethnologie, anthropologie, sociologie ou…?

Faut-il changer les noms des musées d’ethnographie ?
Faut-il parler de musée d’anthropologie ?
Faut-il confier ces musées à des historiens ou à des sociologues ?
Faut-il confier ces musées à des communicateurs ?

Nos prédécesseurs n’ont pas vraiment choisi. Ils ont décidé de ne pas décider, comme nos amis français qui ont choisi le Quai Branly. Genève a opté pour un sigle incompréhensible en dehors du canton : MEG.

Le magazine du musée pendant sa courte existence s’est appelé Totem, en référence aux totems fabriqués par un peuple premier de l’Ouest du Canada qui signalaient le musée d’ethnographie au public genevois. Il fallait une loupe pour découvrir dans un coin de la couverture : « le magazine du Musée d’ethnographie de Genève ».

De nombreux amis du Musée et autres habitants du canton se sont demandés pourquoi MEG et la réponse a été : « C’est plus moderne, et de toute façon le MEG deviendra une marque reconnue ».

Quel va être le prochain nom et par qui sera-t-il choisi ? Que signifiera-t-il ?
Ce n’est pas une question banale, ni une querelle genevoise de plus.

L’ICOM (Conseil international des musées) qui regroupe 40’000 professionnels, curateurs, chercheurs et communicateurs, issus de 20’000 musées de plus de 140 pays s’est réuni à Kyoto en septembre 2019. A cette occasion, un grand quotidien européen qui a fait depuis longtemps de la promotion des cultures et de la décolonisation deux de ses spécialités à titré une de ses chroniques : « Guerre idéologique dans les musées ». Ce média soulignait « la nouvelle définition de l’ICOM évacue des mots comme art, œuvre ou collection… »

Le MEG est bien parti. Sa réputation est grande en Europe et dans les divers mondes. Ses professionnels sont reconnus et entreprennent des recherches novatrices.

Le MAH (Musée d’art et d’histoire de Genève) se remet de ses émotions et le nouveau directeur est le bienvenu. Il annonce « ici nous allons réfléchir aux expositions, aux collections, à la position des artistes et des curateurs pour avoir au fond la somme de bonnes réflexions et la réponse à la question de que peut être un musée ».

Les prochaines années au Boulevard Carl-Vogt, allons-nous parler d’ethnologie, d’anthropologie, de sociologie ou plus trivialement de cultures ?

Jean-Pierre Gontard, Président de la SAMEG